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Histoire
du tripou |
Le tripou naucellois
Depuis de très longues années les tripous sont
le plat traditionnel du Ségala et du Rouergue.
Avant 1900, ils étaient confectionnés par les
ménagères agricoles pour le dimanche matin avant
le départ des "Pagès" - propriétaires
de domaines agricoles et de leurs domestiques pour la messe.
Après la construction de la voie ferrée Toulouse-Rodez
et la fréquentation par les agriculteurs des auberges
des bourgs et des gares, soit à l'occasion des marchés-foires
ou à la réception des wagons de chaux, devient
le plat de base du casse-croûte du matin, puis une tradition
après la première messe pour une rencontre entre
agriculteurs, amis de divers horizons.
A Naucelle, Mme Veuve Firmin Fraysse recuillit la recette
de ses employeurs (1905-1908) de la boucherie-hôtel
Rigal qui, quittant le bourg, s'installa à Naucelle-Gare.
Jusqu'en 1900, elle confectionna ce succulent plat cuisiné
à l'hôtel des Voyageurs auquel était joint
une boucherie-charcuterie. Sa recette fut ensuite reprise
par M. Savy, son employé, à qui elle vendit
son fonds de boucherie-charcuterie.
C'est cette façon d'accommoder les tripes de veau en
"tripou" qui a obtenu à la foire-exposition
de Rodez, en 1966, le 1er Grand prix national du meilleur
tripou, décerné et jugé par les membres
de la Tripière d'or de Normandie, présenté
et confectionné par M. Ch. Savy, à Naucelle.
Le tripou aujourd'hui
Le tripou peut actuellement se consommer dans tout le département,
alors que ses origines sont nord-aveyronnaises. Son nom change
suivant la région : "trénels" pour
la région de Millau, "petites" pour la région
d'Espalion.
Il est composé d'estomac de mouton, d'une farce faite
de jambon, d'ail et de persil et certains y ajoutent des tripes
de veau. L'estomac de mouton, ou de veau, est détaillé
en longues lanières, coupées ensuite dans le
sens de la longueur et dans lesquels morceaux on roule la
farce. Une fois le tripou constitué, il est lié
soit avec un boyau ou cousu et quelquefois attaché
à l'aide d'une ficelle.
Sa cuisson se fait dans un bon fond de veau aromatisé
de vin blanc et, quelquefois, tomate, mais légèrement.
Son succès est égal aux difficultés qu'il
donne pour sa fabrication. On déjeune (petit déjeuner)
avec des tripous, on "dîne" (à midi)
avec des tripous et l'on fait aussi "quatre heures"
ou l'on "despertine", ce qui revient au même,
et toujours avec des tripous (sauf quelques exceptions).
Le concours du "meilleur tripou"
se passe tous les ans à Rodez devant un jury de connaisseurs
qui coupe et qui taille, suivant leurs origines, mais le résultat
est bon et, même dans les dix
premiers, les amateurs trouvent satisfaction.
Un mot encore sur sa cuisson, elle
est lente et longue, permettant la réduction ou l'évaporation
de sa cuisson, ce qui donne à la préparation
qui l'accompagne, une finition parfaite.
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